Petite histoire de politique fiction à lire entre amis avant de voter

7 mai 2017, 20 heures, BFM TV, Ruth Elkrieff

– Nous allons avoir le nom du nouveau président de la république française dans 5, 4, 3, 2, 1 … Marine Le Pen est la huitième présidente de la république. Laurent Neumann, votre analyse.

Télévision éteinte, on essaie de comprendre comment ce dimanche ensoleillé se transforme en cauchemar. Avec 40% d’abstention, Marine Le Pen obtient 50,32% des voix. Moins de 15 millions d’électeurs ont suffit. Il est vrai que les affaires ont glissé sur elles depuis 15 jours alors que la révélation de la pseudo homosexualité de Emmanuel Macron et la stratégie de sape commencée à Whirlpool ont fait les choux gras des journalistes et de la fachosphère.

Le fait que les 20% d’insoumis aient décidé de s’abstenir rentre aussi dans le calcul, comme le soutien de François Fillon apporté à la candidate FN après le ralliement de l’église.

En attendant, c’est fait, la démocratie française a accouché d’une candidate antidémocratique. François Hollande valide le vote à contrecœur et se prépare à laisser les clés de l’Elysée et de l’arsenal nucléaire à l’ancienne présidente du FN.

Donald Trump, Recep Tayip Erdogan, Kim Jong Un entre autres, félicitent la nouvelle présidente.

Juin 2017, deuxième tour des législatives

La France est tiraillée entre les diverses factions. La gauche n’est plus majoritaire, chaque camp à fait campagne de son côté. Le PCF n’a plus que 12 députés, le PS sauve les meubles après l’alliance avec En marche et retrouve 124 députés dans l’hémicycle. La France insoumise réussit à obtenir 14 députés. A droite, le groupe droite et centre a exactement 150 députés arrivant à égalité avec l’ensemble de la gauche. Le FN n’obtient pas la majorité absolue mais voit 277 de ses députés élus.

Le premier ministre, Florian Philippot se félicite  de la victoire de son camp et annonce tout de suite la couleur : il n’y aura aucune alliance, les lois seront votées avec ou sans l’accord de l’assemblée.

Été 2017 – premières lois et un référendum

Le référendum est emblématique, il doit permettre à la nouvelle présidente de s’affirmer. La question est simple :

– doit-on rétablir la peine de mort pour les pédophiles et les terroristes?

Les débats ont lieu en plein été alors que le gouvernement tente sans succès de passer des lois diverses sur l’immigration ou la sortie de l’euro.

Le vote à lieu à la rentée de septembre. Le dimanche 3 septembre, nouvelle victoire, le référendum est accepté par 52,6% des français. La peine de mort est à nouveau en vigueur en France.

Le président de l’Union européenne intime à la France l’obligation de retirer cette loi contraire à la constitution de l’union. La présidente renvoie l’union sur les roses. Diplomatiquement…

4 septembre 2017, un attentat à Lyon

Le jour de la rentrée des classes, une grenade explose au Lycée Édouard Herriot, dans le 6ème. Deux lycéens sont tués, huit blessés.

Extrait du discours de Marine Le Pen prononcé le même jour devant le lycée :

L’état d’urgence en vigueur et le blocage de nos lois par le parlement vient de démontrer leur inefficacité en ramenant l’horreur sur notre sol.

J’invoque donc l’article 16 de la constitution car l’intégrité de notre territoire est menacée. Cet état pourrait durer 6 mois minimum en attendant le retour à la sécurité maximale.

Le Conseil Constitutionnel pourra appliquer ses droits.

Alors qu’en Allemagne aussi, les élections s’annoncent mal avec un équilibre entre Merkel, Schulz et l’extrême droite, l’état lance un appel d’offre pour la construction de 7 guillotines.

Dans le même temps, la présidente française écrit au président de l’Union européenne qu’elle entend activer l’article 50 et sa clause de retrait. En effet, le peuple s’étant prononcé par référendum pour la peine de mort et celle-ci étant incompatible avec l’adhésion à l’Union, la France ne peut continuer.

Les premières lois dites « lois antiterroristes » sont promulguées dès le lendemain du discours de Marine Le Pen.

  • Création d’une brigade antiterroriste chargée de traquer toute entreprise terroriste sur Internet et ailleurs. Elle a le pouvoir de mettre sur écoute, de couper des liens Internet, de procéder à des arrestations, des contrôles et fouilles et des perquisitions à toute heure. Elle peut faire appel à toutes les forces de police et de gendarmerie à tout moment.
  • Le contrôle au faciès est autorisé à toutes les polices y compris municipales.
  • Les frontières sont fermées.
  • Les manifestations sont expressément soumises à l’autorisation du gouvernement.
  • Le processus de comparution immédiate est autorisé pour les crimes.
  • Annulation du droit du sol, toute personne née sur le territoire français ne sera français que si l’un de ses parents est français depuis au moins 2 générations
  • Retrait de la nationalité française pour tous les condamnés en raison d’une liaison même minimale avec une entreprise terroriste

5 octobre 2017, le Conseil Constitutionnel se prononce

Après un mois d’application, le Conseil Constitutionnel est saisi par le groupe de Gauche des députés. Il se réunit immédiatement et annonce que les conditions d’application des pouvoirs de crise ne sont pas réunies. Il demande donc à Marine Le Pen de stopper l’application de l’article 16.

Le même jour, une explosion fait 18 morts dans une école de Toulouse. La présidente annonce la prolongation de l’état de crise, l’avis du Conseil Constitutionnel étant rendu caduque par l’attentat. La présidente dénonce le Conseil et ses membres :

Ces anciens membres des gouvernements passés ne veulent pas que nous luttions de toute nos forces contre le terrorisme fondamentaliste islamique. Nous venons d’avoir la preuve que l’horreur n’attend pas l’avis du Conseil Constitutionnel.

Un homme d’origine nord africaine est le  premier condamné à mort, une semaine après le dernier attentat de Toulouse. En comparution immédiate, il est reconnu coupable de l’attaque et condamné à la peine capitale.

La ministre de la famille, Marion Maréchal, annonce une série de lois prises sous l’état de crise. La raison invoquée est que le retour à des mœurs cohérentes avec l’histoire et les traditions chrétiennes de la France sera le garant d’une baisse du risque terroriste.

  • Interdiction de l’interruption volontaire de grossesse, même en cas de viol. Le droit à la vie est prépondérant.
  • Annulation de tous les mariages pour tous, l’homosexualité est considéré comme « anormale » comme toutes les autres « déviances sexuelles »
  • Les mariages avec une personne étrangère sont soumis à validation par des « comités d’évaluation des mariages blancs »
  • La loi de 1905 est révoquée, le catholicisme est déclaré religion d’état. L’islamisme et les autres religions n’ont plus le droit d’être invoqués en public.

 

Une nouvelle série de lois sont promulguées par le ministre du travail et de l’action sociale, Louis Alliot :

  • Instauration de la préférence nationale dans tous les emplois
  • Suppression des autorisations de travail données aux travailleurs européens
  • Augmentation des allocations familiales pour les français, suppression pour tous les étrangers
  • Suppression de l’aide médicale aux étrangers
  • Mise en place d’un salaire familial, d’un montant de base de 12.000 francs par mois pour les mères de famille qui restent à la maison
  • Suppression des minima sociaux et des aides à l’handicap pour les étrangers

Et ensuite, l’histoire continue …

Que se passera-t-il alors ? Une révolution ? Ou une acceptation des mesures inhumaines car la situation s’améliore pour les français blancs, catholiques et hétérosexuels.

 

Cette histoire peut-être avantageusement complétée si vous lisez, par exemple, l’excellent livre de Rabia Franoux Moukhlesse, « Marine présidente et Alors ».

Marine Le Pen présidente

Et pesez bien votre choix, le 7 mai, car cela vous semble impossible aujourd’hui mais est-ce que, il y a 5 ans, vous auriez pu imaginer possible que Jean-Luc Mélenchon n’appelle pas à faire barrage à Marine Le Pen ?