Christine Lagarde s’est donc rendue le 12 décembre à son rendez-vous 21 rue de Constantine à Paris, le siège de la Cour de Justice de la République.

C’est en effet cet organisme qui est chargé de juger les infractions commises pendant leurs fonctions par les membres des gouvernements français.

C’est en tant qu’ancienne ministre de l’économie et des finances que Mme Lagarde est poursuivie par la CJR. L’accusation porte sur des négligences dans le dossier Tapie, lors de l’arbitrage entre l’homme d’affaires et le Crédit Lyonnais (aujourd’hui LCL).

L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy risque un an de prison et 15000 € d’amende.

Rappelons que Christine Lagarde est aujourd’hui Directrice Générale du Fonds Monétaire International, le FMI.

La commission d’instruction a notamment relevé :

« Les négligences multiples commises à cette occasion par un ministre ayant l’expérience des contentieux financiers et de la procédure d’arbitrage sont difficilement explicables, si ce n’est par la volonté d’imposer des choix déterminés à l’avance »

Il faut rappeler aussi que l’ex ministre a été avocate d’affaires pendant plus de 30 ans (voir sa fiche), ce qui explique que la commission parle de l’expérience de Mme Lagarde.

La commission estime ainsi que l’ancienne ministre a engagé sa responsabilité en renonçant à la procédure juridique normale tout en privilégiant la procédure arbitrale qui a conclu en faveur de M. Tapie dans le dossier Adidas. Cette procédure ayant été annulée suite à un procès dans lequel la cour de cassation a confirmé, en juillet 2016, que M. Tapie doit, entre autres, rembourser la somme de 405 millions d’euros à l’état. La cour a ainsi établi que Bernard Tapie était bien au courant de toutes les opérations liées à la revente d’Adidas.

Mise à jour du 15 décembre à 19h45

C’est le procureur général lui-même, Jean-Claude Marin qui estime dans son réquisitoire que Mme Lagarde n’avait pas agi de manière négligente. Il a donc conclu qu’il n’y a pas de

charges propres à fonder une condamnation pénale.

No comment …

Crédit photo : Wikipedia source IMF