Monsieur le Président de la République française,

Je commencerai bien sûr par vous adresser les félicitations d’usage pour votre élection, bien que venant d’une anonyme parmi tant d’autres. J’ai milité pour votre cause, croyant en votre discours de renouveau de la vie politique française et désireuse de faire barrage au Front National et aux valeurs délétères qu’il véhicule pour notre société, notre avenir et nos enfants. Afin que votre mandat au niveau international soit la réussite que j’appelle de mes vœux, il vous faut un Parlement sur laquelle vous pourrez vous appuyer et peut être puiser des idées nouvelles qui feront avancer ce beau pays qu’est la France.

C’est au titre de citoyenne française depuis 17 ans, mais également de citoyenne marocaine depuis toujours, que je me permets de vous adresser la présente. En effet, un député, représentant de la Nation au sens des électeurs, l’est également au sens de la République. A ce titre, il ne peut se mêler de la politique étrangère de la France que seul le Président incarne et décide.investitures

Cependant, son image n’est pas neutre. Il s’avère que la République En Marche a investi sur la 9ème circonscription des Français de l’étranger une sénatrice qui me pose un réel problème. Non seulement le renouveau appelé de vos vœux n‘est pas respecté, car elle représente quelque part la continuité de la politique semi-colonialiste vis-à-vis de nos partenaires, mais surtout elle a pris des positions en faveur du Front Polisario, ce qui a un impact diplomatique certain.

En effet, il n’est pas possible aujourd’hui de soutenir un candidat qui est dans le déni total des droits et des aspirations du peuple du Royaume marocain, alors même que le sens de l’Histoire et les avancées diplomatiques récentes semblent rendre possible un aboutissement apaisé sur ce point.

Pour cela, il faut impérativement un climat neutre pour ne pas envoyer de mauvais message aux efforts des uns et des autres. Au-delà de la représentation des Français de l’étranger, un candidat doit tout faire pour œuvrer au rapprochement de la France et des pays hôtes qui sont des partenaires économiques et diplomatiques. Et, en tant que Française résidente au Maroc, je sais que tous nos concitoyens partagent cette opinion.

Aussi, bien que je sache votre tâche immense, votre temps précieux, vos obligations nombreuses, vos impératifs millimétrés, je vous prie de bien vouloir intervenir auprès de la Commission d’Investiture de votre mouvement afin de changer ce choix pour maintenir la bonne harmonie qui lie la France au Maroc qui, tout comme l’Algérie, reste un partenaire historique, diplomatique et économique majeur de la France.

J’ai bien conscience de la tâche immense qu’a effectuée la commission et du délai très court qui lui a été imparti pour ce faire. Que ceci explique certains ajustements à réaliser avant que le mouvement ne puisse se mettre en marche, mais celui-ci apparaît essentiel à l’ensemble des Français présents au Maroc et à tous les binationaux présents sur les deux rives.

Vous remerciant par avance, Monsieur le Président de la République, de votre intervention en ce sens.

Rabia FRANOUX-MOUKHLESSE

 

Lettre reproduite avec l’accord de l’auteure et transmise à Jean-Paul Delevoye, responsable des investitures de La République En marche