La Société Générale a saisi le maximum possible sur les comptes de son ancien salarié. Jérôme Kerviel doit survivre avec le RSA.

On se rappelle de la victoire de Kerviel contre la Société Générale, l’an dernier. C’était au civil. Il avait pu casser définitivement les demandes de dommages intérêts de la banque. Sa dette de 4.9 milliards d’euros s’éteignait ainsi définitivement.

Mais au pénal, Jérôme Kerviel a perdu. Il avait été condamné à 5 ans de prison dont 3 ans ferme. Il aura fait 6 mois de prison et le reste est effectué en aménagement par bracelet électronique.

La cour d’appel de Versailles a cependant confirmé une partie de dommages et intérêts : 1 million d’euros.

Saisie des comptes

En janvier, donc, la Société Générale fait effectuer une saisie sur les comptes bancaires de Jérôme Kerviel, lui laissant l’équivalent du RSA. Ses avoirs (3 à 4000 €) et ses avances sur l’édition de son livre sont saisis aussi. L’ex trader, qui vit actuellement chez un ami déclare :

1 million ou 4.9 milliards, c’est la même chose

En effet, la Société Générale entend recouvrer ce million d’euros (on peut même supposer que les intérêts liés ne seront pas non plus oubliés) comme elle le fait avec tous ses débiteurs.

Sur 25 ans (Kerviel a 40 ans et peut encore travailler environ 25 ans avant la retraite), avec un taux d’intérêt de 2%, cela représente environ 4250€. Autrement dit, à moins de trouver un travail fortement rémunéré (assistant parlementaire ? ), il ne pourra jamais rembourser sa dette et devra vivre avec le RSA jusqu’à la fin de ces jours.

Ils veulent juste m’asphyxier jusqu’à la fin de mes jours, dit-il.

En validant ce montant de un million d’euros, la cour a donc bien voulu punir à vie l’ancien trader.

Ce n’est pourtant pas la banque la plus « blanche » qui entend faire respecter la justice

Selon Oxfam, la Société Générale est une des plus grosses banques utilisant les paradis fiscaux.

Elle réalise 587 millions d’euros de bénéfices au Luxembourg. Elle réalise plus de bénéfices que de chiffre d’affaires en Irlande et est présente dans les îles Caïmans alors qu’elle n’y a pas d’employés.

Si l’on ne prend en compte que ses activités à l’international, presque 1/3 des bénéfices de la Société Générale sont ainsi déclarés dans les paradis fiscaux, pays qui comptent pourtant seulement 1/15 de ses employés en dehors de France. La productivité moyenne d’un employé de la Société Générale est ainsi 6 fois supérieure dans les paradis fiscaux

Eva Joly demande d’ailleurs l’ouverture d’une enquête sur les activités de la banque :