Dans leur mémoire, The_Future_of_Employment , Carl Benedikt Frey et Michael A. Osborne, de l’université d’Oxford, vont, dans le détail, analyser 702 métiers différents et les classifier en fonction de leur taux d’informatisation ou d’automatisation.

Ces taux allant de 0% pour les métiers qu’il est, aujourd’hui, impossible de confier à des machines à 100% pour ceux qui sont déjà complètement automatisables.

Lors du dernier débat entre Manuel Valls et Benoît Hamon celui-ci a affirmé que près de 50% des métiers allaient disparaître sous peu.

Voici le graphique extrait de ce mémoire qui le démontre :

Benoît Hamon

Ce que nous annonce les auteurs, c’est que 47% des métiers ont un taux d’automatisation supérieur à 70%. A priori, ils sont donc très fortement susceptibles d’être automatisés. L’analyse de ce graphique montre que les métiers à faible taux sont de couleurs vert et bleu. Ce sont les métiers liés au management, à la science et la recherche, à l’éducation, la culture ou la santé.

A l’opposé, de couleurs rouge, orange ou rose, on retrouvera les métiers liés à la production, aux services, aux ventes et aux métiers liés à la terre et la mer (agriculture, élevage, forêts…).

De fait, avec les technologies d’aujourd’hui, il semble difficile de remplacer un médecin ou un enseignant par un robot, mais ce n’est pas impossible. De même, les fonctions de production sont de plus en plus robotisées sur les chaînes de production, l’agriculture est de plus en plus pilotée par ordinateur et la plupart des ventes se feront bientôt sur les sites marchands plutôt qu’en boutique.

Benoît Hamon

Cet autre graphique montre aussi le rapport entre l’automatisation et le niveau de formation requis ou le salaire médian des métiers. La courbe est clairement descendante dans les deux cas.

  • Pour un salaire supérieur à 60.000 $ par an, il y a peu de risque d’automatisation alors que ceux de moins de 30.000 $ par an ont un risque proche de 100%
  • Même résultat pour le niveau de formation, plus celui qui est requis par un métier est haut, moins ce métier est automatisable.

Ce mémoire est paru en 2013 et le big data a explosé ces dernières années. Il est fort probable que ces prévisions soient encore inférieures en terme de probabilité d’informatisation à celles de 2013.

Quelques exemples de métiers sur les 702 analysés

  • Moins de 30% de risque d’automatisation
    • Direction des ressources humaines
    • Entraîneurs sportifs
    • Analystes informatiques
    • Gestionnaires de services médicaux
    • Instituteurs
    • Archéologues
    • Chirurgiens dentaires
    • Plombiers
    • Direction des ventes
    • Chercheurs en biologie
  • De 30 à 70% de risque d’automatisation
    • Acteurs
    • Réparateurs d’ascenseurs
    • Huissiers
    • Ingénieurs agronomes
    • Assistants dentaires
    • Cordonniers
    • Pilotes d’avion
    • Techniciens chimistes
    • Géographes
    • Assistants statisticiens
    • Conducteurs de bus et métros
  • Plus de 70% de risque d’automatisation
    • Techniciens avionique
    • Charpentiers
    • Réparateurs d’électroménager
    • Archivistes
    • Barmen
    • Secrétaires médicaux.cales
    • Cuisiniers
    • Marins
    • Opérateurs de presse d’imprimerie
    • Techniciens nucléaires
    • Guides
    • Techniciens en pharmacie
    • Agents des impôts
    • Caissiers.res
    • Comptables et auditeurs

Pour finir, le métier qui est classé à 99% de risques d’automatisation : Télémarketeur / télémarketrice et celui qui est à 0 : les thérapeutes.

 

 

Crédit photo : Site de benoît Hamon