Alors que Libération propose un débat entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, ce dernier semble coincé au milieu de la gauche.

Mais ou est donc Hamon ?

Si l’on en croit les vallsistes ou les macronniens, il est bien trop à gauche. Mais à écouter les soutiens de Mélenchon, il est bien trop au PS.

Résumons :

Le patron du Parti Socialiste, c’est Jean-Christophe Cambadélis. Et personne ne l’en délogera avant le prochain congrès. Tout ceux qui connaissent « Camba » savent qu’il fera ce qu’il veut, Hamon ou pas.

Tant que Benoît Hamon sera en position de challenger, voire de perdant par rapport à Macron et aux autres candidats, il n’aura aucun poids face à Cambadélis qui place ses pions face à Macron.

Le résultat de la primaire a pourtant été très largement en faveur de Hamon et Cambadélis fait le job de soutien à son candidat. On ne peut en dire autant des soutiens de Valls qui mettent des conditions de social-démocratie à leur soutien. Quant à De Rugy, ils a décidé de renier sa parole en allant vers Macron.

Du côté France Insoumise, on demande tout et n’importe quoi à Hamon : renier le PS ou rejeter les investitures des futurs anciens ministres de Hollande. Ce sont d’impossibles conditions. Lui reprocher d’avoir été au gouvernement, c’est oublier qu’il a démissionné, oublier qu’il a « frondé ». Bien sûr, il n’a pas quitté le PS mais rappelons que Mélenchon a quitté le PS à 58 ans et 33 ans de parti alors que Hamon en a 49 et 26 ans de PS.

Dilemme ou stratégie ?

Quelles solutions reste-t-il à Benoît Hamon :

  • continuer à chercher le rapprochement avec Mélenchon. On sait cependant que les 2 candidats ne pourront l’annoncer qu’une fois les candidatures bloquées, le 17 mars pour éviter des candidatures de repli.
  • abandonner la partie, officieusement, car il sait que sans ce rapprochement les deux seront éliminés et travailler dès aujourd’hui à la victoire au congrès du PS de cet automne. Prix de consolation.
  • infléchir son programme à droite pour garder les vallsistes et récupérer une partie du vote Macron.

Dans tous les cas, on ne peut pas demander au coureur star de l’équipe cycliste de mener la course et, en même temps, de s’occuper du recrutement des pilotes de voitures ou de camions d’assistance. Demander à Hamon de faire le boulot de Cambadélis ou de quitter le PS est incohérent et improductif.

Espérons que l’appel de Libération et Mediapart , auquel nous ne pouvons qu’apporter notre support, sera suivi et que ce débat puisse aboutir.