Il suffisait de 1% dans 50 circonscriptions pour obtenir la manne du financement public. Déception pour beaucoup …

Beaucoup y ont cru, des collectifs se sont formés pour réussir à présenter un maximum de candidats. Au total, 7882 candidats, soit une moyenne de près de 14 candidats par circonscriptions. Ainsi, mathématiquement, quand on enlève les résultats des 5 partis principaux (LREM/Modem, LR/UDI, FN, FI, PS/RG/EELV/PC), il reste donc 10 % à se partager entre les 9 à 20 candidats restants.

Dès lors, faire 1% relève de l’exploit.

L’exemple Nouvelle Donne

Pour obtenir le financement public qui soulagerait leur trésorerie (366 422 € de pertes en 2015), le parti Nouvelle Donne a présenté 87 candidats . Ils ont aussi annoncé un « accord technique » avec d’autres organisations mais nous n’avons pas plus d’informations sur les candidats (une centaine apparemment) qui seraient présentés sous leur nom.

financement public

Sur ces 87 candidats, seuls 11 ont réussi à passer la barre de 1%. Dans la majorité des cas, on est même sous les 0.5%. Le pari est donc, a priori, perdu. Non seulement, il n’y aura pas de financement public mais en plus, il va falloir absorber le coût de ces élections. La dynamique des 3% obtenus aux européennes de 2014 est bel et bien perdue.

Aux dernières nouvelles, Nouvelle Donne aurait passé un « accord technique » avec les régionalistes. Ceux-ci ayant 57 candidats ayant dépassé les 1% (et potentiellement 1 ou 2 élus), Nouvelle Donne pourrait malgré tout bénéficier d’un financement partiel.

L’abstention limite le financement public.

Si la barre avait été dépassée, le financement public aurait été bienvenu pendant 5 ans. Mais d’un volume relatif. En effet, avec l’abstention record de ce premier tour, la manne financière se réduit de moitié. En 2012, 24 millions d’électeurs ont permis d’apporter 28 millions d’euros de financement public.

En 2017, 23 millions d’électeurs représentent 48.71% d’abstention. Si on reprend l’exemple de Nouvelle Donne, en supposant qu’ils aient eu 14% dans 50 circonscriptions, cela représenterait environ 100.000 € par an de revenus. En effet, si la barre de 1% est basée sur le pourcentage de suffrages exprimés, le financement public est basé sur le nombre de bulletins de vote déposés dans l’urne.

Globalement donc, le financement public reste l’apanage des grands partis

Malheureusement pour tous ces candidats, l’information est bien passée. Et le nombre de candidatures le démontre. Cette explosion a nucléarisé les scores. Dans la 18ème circonscription de Paris, il y avait 26 candidats ! Résultat sur cette zone, 16 candidats sont sous la barre de 1%.

On verra le rapport final fourni par la CNCCFP mais, vus les résultats d’hier, il est fort probable qu’il n’y ait de financement public que pour les grands partis. Les stratégies électorales et financières devront être fortement revues en 2022. A moins que le nouveau gouvernement ne change les règles d’ici là.