Alors que des faucheurs volontaires seront jugés le 16 juin et que des manifestations continuent, dont une samedi dernier à Bordeaux, contre les OGM ou les produits phytosanitaires de type Glyphosate™, Science & Vie nous révèle la fin des OGM.

Les faits sont là, le nombre de surfaces cultivables consacrées aux OGM (Organisme Génétiquement Modifié, faut il le rappeler) est en baisse pour la première fois depuis leur utilisation. Le mensuel scientifique relève trois raisons principales à ce recul.

1 – Les OGM n’ont pas tenu leurs promesses

On pensait voir les rendements exploser grâce aux OGM, or les mesures effectuées sur 30 ans, notamment par l’Académie américaine des sciences montre qu’ils ont pas ou peu d’impact. La production de maïs, qu’ils soient ou non des OGM, suit la même courbe depuis l’introduction de ces organismes. Le rendement varie selon les conditions climatiques et, selon les années, les OGM sont devant ou derrière les non modifiés mais restent dans la fourchette de 80 à 100 quintaux par Ha.

2 – La résistance des plantes a été plus forte que prévue

L’un des objectifs des OGM était de résister au glyphosate, le fameux tueur absolu de plantes de Monsanto ® . Mais la nature est toujours la plus forte et, finalement, les « mauvaises herbes » ont fini par développer des résistances aux produits phytosanitaires, réduisant ainsi drastiquement leur effet et donc l’intérêt des OGM.

3 – Les insectes résistent aussi

Le Bt (bacillus thuringiensis) est un bacille qui a été importé génétiquement dans les plantes OGM pour leur permettre de résister plus efficacement contre les insectes. Ainsi, les économies devaient être importantes sur l’utilisation des insecticides. Malheureusement, les effets furent assez faibles, nombre d’insectes y résistant.

La fin des OGM ?ogm

De fait, en  1996, les premières semences OGM occupaient 1.6 millions d’Ha et ont progressivement envahi jusqu’à 180 millions d’Ha en 2014. Mais pour la première fois, en 2015, cette croissance ininterrompue et presque exponentielle, s’est stoppée et a même reculé, revenant à 178 millions d’Ha.

Ainsi, les raisons qui ont amené à utiliser ces techniques n’ayant pas apporté de preuves flagrantes de leur efficacité, ils ont perdu de leur intérêt.

Bien entendu, les recherches continuent pour tenter de trouver de meilleurs OGM et il est probable que nous voyons arriver une nouvelle génération de techniques comme le CRISPR-Cas9. Malgré tout, même Monsanto ne cherche pas à aller beaucoup plus loin que ses semences actuelles.

Crédit photo et article : Science & Vie de juin 2017. Article de Yves Sciama, p40.