Le CSA a donc publié ses conclusions contre Hannouna : 3 semaines de pub interdites pendant TPMP

Deux décisions sanctionnent l’émission phare de C8. Au total, 3 semaines de diffusion de Touche Pas à Mon Poste se voient privées de publicité. Un 1/4 d’heure avant, pendant l’émission et 1/4 d’heure après l’émission, la chaîne va ainsi être interdite de diffusion de spots de pub.

Décision 1 : séquence du 3 novembre 2016

La première sanction concerne une séquence présentée le 3 novembre 2016 durant laquelle ont été diffusées des images tournées en caméra cachée montrant l’un des chroniqueurs victime d’un simulacre organisé par l’animateur-producteur de l’émission. Durant cette scène, le chroniqueur présenté comme témoin d’une agression mortelle commise par l’animateur, est sommé de s’accuser du crime et apparaît n’être informé de la manipulation que le lendemain, ce qui l’a placé dans une situation de détresse et de vulnérabilité manifeste pendant toute la durée de l’émission. Le CSA a estimé qu’en diffusant cette séquence la société C8 a gravement méconnu son obligation de faire preuve de retenue dans la diffusion d’images susceptibles d’humilier les personnes. En conséquence, une première sanction d’une semaine d’interdiction de diffusion des séquences publicitaires lui a été infligée.

C’est donc cette séquence dans laquelle Mathieu Delormeau a fini en larmes qui a été punie. Le CSA n’hésite pas à parler d’humiliation et sanctionne l’émission d’une semaine de privation publicitaire.

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Décision 2 : séquence du 7 décembre 2016

La seconde sanction a été prononcée en raison d’une séquence diffusée le 7 décembre 2016 durant laquelle l’animateur de l’émission a conduit une chroniqueuse, qui avait les yeux fermés, à poser sa main sur son sexe. Le CSA a considéré que cette scène méconnaissait les dispositions de la loi du 30 septembre 1986 qui lui donnent la responsabilité de lutter contre les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes et les violences faites aux femmes, en particulier dans les émissions ayant un impact important sur le jeune public. En conséquence, une sanction de deux semaines d’interdiction de diffusion des séquences publicitaires a été infligée à la chaîne C8.

C’est Capucine Anav, cette fois qui est victime de l’animateur. Le CSA trouve là une grave atteinte à la loi de 1986 relative à la liberté de communication qui inclue le respect des droits de la Femme et la lutte contre les préjugés. Deux semaines de « punition » supplémentaires sont infligées au groupe Canal.

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Résultat : 3 semaines sans pub

L’émission TPMP dure 2 heures, en supprimant les publicités de 1/4 d’heure avant jusqu’à 1/4 d’heure après, ce sont donc 15 émissions de 2h30, quasiment jusqu’à la fin de la saison.

Coût pour le groupe : Les 30 secondes de pub à 20h, c’est 32.000 € sur C8. Sur la période de diffusion, le tarif varie entre 10 et 30.000 euros pour 30 secondes. Ce sont donc potentiellement plusieurs centaines de milliers d’euros par émission et donc plusieurs millions d’euros au total que C8 va perdre.

Si l’on ajoute à cela le désistement de plusieurs annonceurs qui refusent désormais de faire de la pub dans cette émission suite à l’affaire récente du faux appel téléphonique, le patron de Canal, M. Bolloré, risque de trouver la facture assez salée.

 

Crédit photo : extrait de la grille de tarifs de C8 disponible sur http://www.canalplusregie.fr/tarifs/tarifs-classiques-c8/tarifs-classiques-c8-667