L’annonce, hier, de Manuel Valls qui va voter Macron ne serait-elle pas une bonne nouvelle pour le candidat du PS ?

La « trahison » et l’irrespect de la parole donnée d’un adversaire est, généralement, un point positif dans une campagne. C’est bien ce qui vient de se passer. En choisissant de voter au premier tour pour le candidat d’ « En Marche », l’ancien premier ministre ôte une épine du pied de Benoît Hamon. Alors? Merci Manuel Valls ?

Le programme de Hamon va se rééquilibrer

Si le « Culbuto (r) » vous rappelle quelque chose, il devrait vous sembler évident qu’il doit y avoir une analogie avec le programme de Hamon. En effet, avec Valls dans sa campagne, Benoît Hamon devait, malgré tout, tenter de tirer un peu à droite pour ne pas complètement dérouter la frange libérale. Une fois Valls parti, le culbuto revient à l’équilibre et le programme avec.

Les concessions faites peuvent ainsi être à nouveau « gauchisées », revenir aux fondamentaux (le revenu de base ?) qui ont fait gagner la primaire de la Belle Alliance Populaire.

L’obligation faite à Cambadélis de réagir

On ne peut pas dire que le premier secrétaire du PS ait été d’une grande agressivité en publiant sa lettre mais le fait de dire que ceux qui rejoignent Macron quittent le PS permet à Hamon de, d’une part, faire peur aux éventuels fuyants qui ont une circonscription à défendre et, d’autre part, reprendre un peu d’arguments dans la discussion avec le PC, la FI et EELV.

Valls, repoussoir pour certains soutiens de Macron ?

En votant Macron, Valls va probablement faire réfléchir quelques soutiens de l’ancien ministre de l’économie. Il est même possible que pour quelques hésitants, il soit plus facile de pardonner les costumes, le PenelopeGate et les mises en examen que d’être avec le premier ministre de François Hollande.

Conclusion

Les mesures sont contradictoires. L’Ifop voit Hamon chuter dans son baromètre mais, depuis quelques jours, Filteris le fait doucement remonter, reprenant 1 point.

CSA, Conseil constitutionnel, Filteris, IFOP – La campagne en big data – données du 30 mars

Gageons que, finalement, entre le départ de Manuel Valls, le soutien inconditionnel de Martine Aubry et de Martin Schultz et la réouverture des discussions, notamment avec le PC, devrait permettre à Benoît Hamon de redynamiser sa campagne.