Réunion à Bercy, le 5 janvier entre les syndicats du groupe Vivarte et Christophe Sirugue, secrétaire d’état à l’industrie.

Extrêmement déçus

Voilà le retour des syndicats après cette réunion pendant laquelle le secrétaire d’état a pu partager les constats d’inquiétude des salariés mais n’a pas apporté de réponses. L’état n’ayant pas de « leviers ». Selon FO, le ministère ne les aidera pas.

Le groupe Vivarte, ce sont (ou c’étaient) des marques parmi les plus connues de la confection française, Pataugas, Naf Naf, La halle, Kookaï ou encore André, à l’origine de l’inquiétude. C’est en effet une fuite dans la presse (le 4 janvier, sur Europe 1, notamment) évoquant la vente prochaine de la célèbre marque de chaussures qui a déclenché la réaction des syndicats. Une crainte forte de la vente « à la découpe du groupe » a été évoquée.Vivarte

Des comptes catastrophiques

Il suffit de consulter les comptes du groupe Vivarte (RCS 308449024) depuis une dizaine d’années pour constater que la stratégie du groupe est basée sur l’endettement. Techniquement, l’effet de levier est une bonne chose sauf quand l’endettement dépasse les seuils acceptables.

En 2006, Vivarte est endetté de 274 millions d’euros (un tiers du bilan et 80% des fonds propres) avec un résultat net de 120 millions d’euros. A priori, tout paraît normal, sans devoir rentrer dans les détails.

Mais en 2007, la stratégie de croissance externe du groupe par l’endettement change la donne. La dette passe à 601 millions d’euros, une fois et demi les capitaux propres avec 206 millions de résultat net, on aurait pu commencer à s’inquiéter.

De 2008 à 2015, le groupe se maintient au bilan mais les résultats s’effondrent et les données chiffrées sont éloquentes au bilan du 31 août 2015 :

Dette 1.685 millions d’euros, capitaux propres négatifs, résultat net de -700 millions d’euros. Techniquement, le groupe est en très grande difficulté financière, ses seuls actifs étant les participations dans les marques qu’il détient. Il est très probable que les commissaires aux comptes ont alerté le conseil ET le comité d’entreprise comme ils en ont l’obligation. En effet, sauf à avoir des accords de remboursement de la dette, le groupe est en quasi cessation de paiement.

Valse de dirigeants

Patrick Puy a été nommé à la direction du groupe le 27 octobre dernier, remplaçant Stéphane Maquaire, en poste depuis seulement 7 mois et qui avait déjà vendu Kookaï, Chevignon et Pataugas en juillet 2016. Cette valse des dirigeants montre que le conseil d’administration est fébrile, mais malheureusement, il n’y a pas beaucoup de stratégie gagnante dans la situation actuelle du groupe. D’autant que la vente d’André, qui vient de passer en résultats négatifs, ne pourrait se faire sans que Vivarte mette, en plus, la main à la poche.

On notera d’ailleurs que sur le site institutionnel de Vivarte : http://www.vivarte.com/gouvernance/ , les marques vendues sont toujours affichées d’une part et d’autre part, la page « gouvernance » qui détaille le changement d’actionnaires de 2014 (les créanciers sont devenus actionnaires) n’a pas mis le nom du nouveau dirigeant.

Il ne reste apparemment plus qu’à espérer trouver des repreneurs solides pour les marques qui vont probablement être vendues rapidement.

Crédit photo : Logos Vivarte, André