Selon que vous serez puissant et de droite ou misérable et de gauche… ou l’inverse, tous les français, éditorialistes ou sondeurs, salariés ou patrons, ont leur opinion sur ce qu’il va advenir de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Revenons un peu en arrière avant d’analyser la situation d’aujourd’hui.

2012 – l’espoir déçu et les guerres de front (de gauche)

Et pourtant, tout était permis, les derniers sondages avant le premier tour de la présidentielle de 2012 faisaient état d’une remontée du candidat adoubé par le Front de Gauche. Entre 13 et 16% dans la dernière semaine, au coude à coude avec Marine Le Pen, il fallait espérer une déroute du candidat socialiste au profit de son ancien camarade, mais c’était possible. Et pour une fois, les sondages ne se sont pas trompés pour les 2 leaders et Hollande fera 28% contre 27% pour Sarkozy.

En revanche, Le Pen fera 17.9 et Jean-Luc Mélenchon devra se contenter d’un petit 11% extrêmement décevant.

Ce qui suivra, pendant les législatives, sera le signal de fin du Front de Gauche. Les accords de partis entre le PG et le PCF décevront nombre de militants. Seul un député survivra à ces accords pour le Parti de Gauche, Marc Dolez, jusqu’à son départ fin 2012.

Jean-Luc Mélenchon prépare alors sa campagne en quittant la présidence du PG en 2014.

2017 – une campagne hors partis

Il s’affranchit ainsi des structures et des négociations qui les accompagnent. Même si le Parti de Gauche n’est pas loin, la France Insoumise est un mouvement populaire bien plus large et bien plus ouvert. La campagne du député européen démarre donc très tôt.

Jusqu’à début 2016, le candidat touche environ 10-12% des personnes interrogées, relativement stable selon les instituts. A ce moment, on est dans des certitudes assez vagues, mais le monde médiatique pense que Nicolas Sarkozy et François Hollande seront tous les deux candidats. Pas de primaires, donc ? Jean-Luc Mélenchon monte petit à petit, allant jusqu’à 15-16% en octobre.

Après la primaire de la droite et du centre, il redescend à 11-12%. Le vainqueur, François Fillon, est très conservateur, on pense à une certaine unité à droite. On attend toujours François Hollande.

Et François Hollande n’y va pas.

Ca se complique car aujourd’hui, il y a 7 candidats à la primaire de la Belle Alliance Populaire dont 3 potentiellement gagnants. Et un trublion positionné entre la droite et le centre gauche, Emmanuel Macron.

Pourtant, Mélenchon reprend du poil de la bête dans les sondages, allant même jusqu’à 17% en cas de victoire de Valls à la primaire dans un sondage BVA du 4 décembre.

Alors, quels sont les scenarii ?

  1. Valls gagne la primaire, les programmes économiques de l’ancien premier ministre, d’Emmanuel Macron et de François Fillon ont plus de points communs entre eux qu’avec celui de Mélenchon. On peut envisager sa montée, grappillant les voix de ceux du PS qui ne peuvent pas voter Valls. Atteindre les 20% est possible, atteindre le second tour devient une probabilité intéressante.
  2. Hamon ou Montebourg gagne la primaire, c’est la catastrophe pour Mélenchon. Il perd les voix de gauche du PS, celles de droite allant à Macron. Il restera à 11%. La seule solution crédible pour éviter un second tour catastrophique sera une alliance avec le vainqueur de la Belle Alliance Populaire. Mais lequel se désistera ?

On l’a écrit dans un autre article, Macron ne prendra pas de voix à Jean-Luc Mélenchon, Valls non plus. Ce sera donc la chance de Mélenchon si Manuel Valls est sélectionné à la BAP.

Crédit photo : Par Baydemir & Mélenchon 2015.jpg: Gerhard ValckDerivative work: Léodras — →Cette image a été extraite d’un autre fichier : Baydemir & Mélenchon 2015.jpg, Domaine public,